Site vitrine : où passe réellement le temps sur un projet
« Un site vitrine, c’est une semaine. » La formule est juste, mais elle masque une réalité utile à connaître quand on sous-traite : sur ces cinq à sept jours, le développement pur représente moins de la moitié du temps. Voici la répartition réelle, et les trois postes qui font déraper un planning.
La répartition réelle d’un projet de cinq jours
Sur un site vitrine de six à huit pages, avec maquettes fournies, le découpage habituel est le suivant :
- Cadrage et préparation — 0,5 jour. Lecture des maquettes, inventaire des composants réutilisables, vérification des contenus disponibles, mise en place de l’environnement.
- Intégration — 2 jours. Le gros du travail visible : structure HTML, styles, comportements responsive, états d’interaction.
- Mise en gestion de contenu — 1 jour. Rendre les blocs administrables, créer les champs, câbler les menus.
- Recette et corrections — 1 jour. Navigateurs, appareils, accessibilité, performances.
- Livraison — 0,5 jour. Fichiers sources, documentation, mise en ligne accompagnée.
Les trois postes qui font déraper
1. Les contenus qui n’arrivent pas
C’est de loin la première cause de retard, et elle ne dépend pas du prestataire. Un site intégré avec du faux texte devra être repris page par page quand les vrais contenus arriveront : les longueurs changent, les titres passent sur deux lignes, les images n’ont pas le bon format. Compter une demi-journée de reprise pour un site de huit pages.
La parade est simple : livrer les textes définitifs et les images en amont, ou accepter explicitement une phase d’ajustement au planning.
2. Les maquettes incomplètes
Une maquette montre en général la page d’accueil et deux pages intérieures, en version bureau. Restent à décider : l’affichage mobile de chaque bloc, les états de survol, les messages d’erreur de formulaire, la page 404, l’apparence d’une liste vide, le comportement d’un titre trop long.
Un intégrateur expérimenté tranche seul la plupart de ces cas, mais chaque décision non documentée est un aller-retour potentiel en recette. Fournir les déclinaisons mobiles fait gagner une demi-journée sur un projet d’une semaine.
3. Les fonctionnalités « juste un petit truc »
Un filtre sur la liste d’actualités, un formulaire multi-étapes, une carte interactive, un sélecteur de langue : chacune de ces demandes paraît mineure et coûte entre une demi-journée et deux jours, tests inclus. Elles arrivent presque toujours après le devis.
Ce qui, à l’inverse, ne coûte presque rien
Quelques éléments passent pour coûteux alors qu’ils ne le sont pas, dès lors qu’ils sont prévus dès le départ :
- Le responsive, s’il est pensé pendant l’intégration plutôt qu’ajouté après.
- Les bases de l’accessibilité — contrastes, navigation clavier, textes alternatifs — qui relèvent de l’habitude de travail, pas d’un budget séparé.
- Les métadonnées et le balisage structuré, quelques minutes par page si le gabarit les prévoit.
Ces trois points coûtent en revanche très cher en reprise. C’est la raison pour laquelle nous les traitons systématiquement, sans ligne dédiée au devis.
À retenir avant de commander
Un planning de cinq jours suppose : maquettes complètes incluant le mobile, contenus définitifs disponibles, périmètre fonctionnel arrêté. Si l’un des trois manque, le délai réaliste se situe plutôt entre huit et dix jours ouvrés — mieux vaut l’annoncer au client final dès le départ que de le découvrir en cours de route.